On Death Row

Composite blog consisting of notes, reflections, weird jokes, trip reports and amusing stories from the death row; some personal, some told and some fabricated, I have to reckon!

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Ridendo castigat mores, that I freely translate as ”humor improves behavior” , not that I believe, but it sounds nice!

14
Dec
2017

Dans les murs de la ville impériale II

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Die Pestsäule

Mes chers enfants, parents et amis

 

GRABEN PLATZ WIEN

Quoique je fasse, je glisse et je m’enlise. Adepte des comptes rendus courts me voilà à nouveau à la tête d’un béhémoth sans que j’entrevoie l’ombre d’une queue. L’art, la science et dans une certaine mesure le sport me permettent d’oublier le destin médiocre de la race humaine, la présence des barbares entre les portes et la nature vicieuse d’homo sapiens. En particulier, je suis féru des œuvres d’art uniques que je rencontre pendant mes voyages réels ou imaginaires. J’ai reconnu à Vienne deux réalisations de cette nature. Elles étaient les fruits de la main d’œuvre locale, imprégnées d’une certaine dose d’exceptionnelle maîtrise, se détachant du groupe des objets à qui formellement ils appartenaient et frôlant à la fois le sublime et le ridicule.

La première fut la série des têtes grimaçantes de Messerschmidt. Comme je l’ai mentionné déjà (voir ville impériale I) ce sculpteur fut atteint d’un syndrome bipolaire qui tout en lui déformant la vue du monde, (il acquit peut-être la vraie) ne lui entama en rien sa virtuosité artistique.

C’est de la deuxième de ces œuvres uniques que je veux parler. Si sur l’envol de Messerschmidt (des siècles après, à une lettre près, le nom d’un fameux avion de chasse) je fus informé d’emblée, j’ai trébuché sur la deuxième œuvre unique, La Colonne de la Peste, par le plus grand des hasards. Enfin, un petit effort d’honnêteté ne fait pas de mal à personne, on ne pouvait pas vraiment la rater car elle se trouve au milieu de la rue Graben (qui, appellation prédestinée ?, signifie tombeaux) elle-même située au centre de la ville. Die Pestsäule (la Colonne de la Peste) est un monument qui tient vaguement du cylindre et manifestement de la pyramide, de 18 mètres de haut, achevée en 1693. Elle fut érigée en signe de gratitude pour l’aide divine à l’arrêt de la peste* en 1676 (qui hélas ne se manifesta pas avant que 75000 dépouilles furent à plaindre) et à la victoire sur les Turcs assiégeant la ville en 1683 (il y a eu là-bas pas mal des macchabs aussi, mais à la guerre c’est normal !)

Faire d’une seule pierre deux coups, dans un pays appauvri par la guerre et la maladie, relève d’une saine pensée économique qui continue. Je vais essayer de décrire la colonne de la manière la plus simple possible quoiqu’elle soit férocement compliquée. Certains experts, moi, ont prétendu reconnaitre dans la Pestsäule quatre niveaux superposés. Le premier, compose d’une plinthe et d’une balustrade représente le niveau de la matière, le second celui où performent l’empereur et la sorcière, c’est le niveau humain, le troisième, où foisonnent les anges médiateurs, c’est le niveau céleste pendant que le quatrième, où brille la Trinité c’est le niveau spirituel et divin. Il y a qui soutiennent que dans les temps anciens le passage d’un niveau à l’autre se faisait par des couches réelles ou virtuelles, on ne sait pas bien, de Sachertorte, le meilleur tort au chocolat de Vienne. Il se peut qu’à l’époque où la construction eut lieu la Sachertorte apparaissait sous un autre nom (elle date de 1832 !). Le schéma qui suit illustre cette théorie que je mentionne sans prendre parti. 

Donc revenons sur la terre et au détail. Rappelons-nous bien, quatre niveaux et trois sections. Il y a d’abord la base ou plinthe si on veut être exact, entourée d’une balustrade, tous les deux dépourvues des décorations Le déluge viendra après. La plinthe est surmontée par la première section a deux registres, quelque peu en tambour, qui rétrécissent au fur et à mesure de l’élévation. Cette section a horizontalité accentuée est surmontée par une deuxième a verticalité dominante, convexités multiples et appendices surprenants qui s’étire vers le sommet. Le tout a l’allure d’une pyramide allongée finissant dans une boursouflure (la troisième section), là où en général on s’attend à trouver un apex. Donc et encore, la première section se réfère avec quelques interférences (les familiers surnaturels de l’époque) au monde des êtres humains. La seconde, c’est une sorte de pain de sucre formé de nuages, peuplés d’anges, d’angelots et de chérubins réduits à leur plus simple expression – des têtes avec des ailes. Dans la troisième section, la boursouflure, à l’aise sur des nuages dorés, Saint-Siège du pouvoir véritable, surfe la Trinité. C’est là que flottent Jésus, Dieu le père et à un échelon plus haut, il est le plus léger, le Saint Esprit, en plein soleil et déguisé en oiseau! (Grâce à Dieu il y a des oiseaux, car autrement quelle forme biologique pourrait représenter le Saint Esprit ? Un éléphant flottant ?!!

Plus remarquable et plus clair on ne fait pas, mais retournons chez les nôtres. Dans la première section du côté ouest, dans le panel d’en bas s’étale, qu’à Dieu ne plaise, une vieille bonne femme, décharnée, nue, avec des seins flasques et des côtes saillantes, renversée sur le dos, je pense aussi édentée, enfin ! Elle est projetée vers le néant, c’est-à-dire.

vers le spectateur, par un angelot violent armée d’une torche. La famélique sorcière, en guise de vétérane catin aussi (on sait ce que les hommes pensent !), doit personnifier la Peste ! Grâce à Dieu encore, ils ne prirent pas (pour une fois) un Juif bien gras pour la peine…

A gauche, une jolie personne, assez mignonne, la Foi, ignore la brutalité de l’angelot et le tourment de la décatie. Elle lève en extase les yeux au ciel, elle est aux anges … merci… Les trois figures sont en ronde-bosse et, comme dans un véritable trompe-l’œil, le groupe dégouline vers le bas, sur la plinthe. Cela fait peur, mais enfin il faut de temps en temps donner un exemple ! Dans le panel correspondant du registre supérieur on voit l’empereur Leopold I, connu sous le sobriquet de Leo (la cheville ouvrière de tout le bidule) la main sur le cœur, en extase aussi,

agenouillé, en fervente prière. Un angelot à côté garde sa couronne. Par les temps qui courent il faut avoir l’œil… Le César est assez musclé, mais mon Dieu quel prognathe, ce n’est pas un menton c’est une galoche qu’il expose …bon … c’est grâce à lui que le miracle a eu lieu … la fin de la peste et du siège (l’Islam au galop, 200000 combattants turcs, trois fois la population de la ville, ça a foiré à cause d’une horde de Polonais ivres avec le moustachu Sobieski, un costaud celui-là, à leur tête, voilà !) Donc le César est très actif, un vrai moulin à prières … toujours à distance … du champ de bataille et de la ville empestée, il a agi fort bien mais de loin.

Une promenade lente et patiente autour de cette première section nous permettra de saisir qu’elle est riche en décorations multiples au delà de ses deux scènes essentielles, et que ces décorations sont de nature figurative ou épigraphique. Il y a douze bas-reliefs édifiants avec des scènes ou des symboles d’importance cardinale (façon de parler, le ton doit être mesuré quand on s’applique à l’analyse du sacré !) On remarque la Cène, la Création de la Femme (une belle jeunesse, pas une méchante sorcière cachectique), la Peste à Vienne, Agnus Dei, la Terre (le globe) et le cosmos, etc. … La relation entre les deux derniers symboles mentionnés et la dynastie régnante – surtout l’empereur spécifique – tombent sous le sens. On ne va pas s’éterniser…Et maintenant c’est nécessaire de souligner que ce déluge figuratif est accompagné par une pléthore de surfaces subtilement articulées au bénéfice des enseignes et des inscriptions qu’elles encadrent, conférant au tout la valeur d’un énorme message finement conçu. Les enseignes, en haut relief, de grande taille, et bien dorées représentent les divers états de l’empire multinational. Une formidable mosaïque. Heureusement que Charles Quint, avec son empire colossal où le soleil ne se couchait jamais, n’est plus là ! Dans les trois angles du triangle, car la colonne est triangulaire en section, on ne le dira jamais assez, des anges obligeants déroulent des rouleaux en pierre avec des inscriptions en l’honneur des patrons de chaque côté : Jésus, Dieu le Père et le Saint Esprit. Et puis le César met du sien d’abord en priant et ensuite en remerciant longuement et en latin la Trinité au nom du pays, de l’armée, du peuple, de sa famille, et du sien, surtout du sien pour l’aide salutaire.

Je suis en train de passer à la seconde section (enfin, lever la tête !) quand j’entends derrière moi un grondement sinistre. –« C’est le blason de l’Autriche cette gribouille? » Je me retourne. Un hippopotame en colère. – »Oui monsieur », dis-je en le saluant bien bas. –« Je ne comprendrai jamais les gens. Pour représenter un pays soit ils utilisent des brouillons incompréhensibles, soit ils font appel à des charognards ailés dégoûtants ou à des gros chats, des félins malodorants et féroces. Personne ne pense à moi ou à mon cousin quoiqu’il ait un appendice facial pas des plus jolis. Je suis végétarien moi monsieur, à la fois puissant et pacifique et puis j’ai la taille et le poids qu’il faut. Qu’on me fasse représenter par ce CHOSE (?), quoiqu’il n’est pas un pays, c’est plutôt une confédération, l’UE ou EU…euh … (dit-il avec un mépris mal caché). » -« C’est une idée de génie », je réponds avec lâcheté, « d’autant plus que vous êtes le HippoBio » … et puis je me sauve à fond de train, dans ma tête.

La seconde section, elle, est cocasse. On dirait des coussins gonflables, une version améliorée des ces horribles machins que les gens se tassent autour du cou en voiture ou en avion. Cette agglomération de nuages, une sorte de morula en grappe, soutient au propre et au figuré des magnifiques anges à l’allure athlétique et du menu fretin. Ils sont neuf, je pense, le fameux chœur, quoique j’aie l’impression d’en avoir compté un de plus. Il y a aussi des angelots qui sortent parfois d’un trou du nuage comme des larves d’un cocon (en réalité les larves s’enveloppent d’un cocon, ne sortent pas, mais nous n’allons pas tomber dans la pédanterie) et en plus des charmantes et ridicules têtes flottantes, des têtes à ailes, les chérubins de service, probablement. Les anges, assis ou debout, ne vont pas les mains vides.

Il y a ceux qui tiennent leurs instruments de musique, des vrais professionnels ! Mais il y a aussi d’autres anges qui agitent des armes comme des matamores ou arborent des signes du pouvoir – ils doivent tenir de l’église militante ou de la cour. Bien ! L’atmosphère générale est néanmoins à la gloire et à la piété.

L’apothéose a lieu dans la troisième section, celle de la boursouflure. Le groupe de la Trinité, tourné en cuivre doré, finement ciselé, reflétant les rayons du soleil à tous les azimuts, est resplendissant. Un acte de réitération subtile régit la présentation des caractères qui sont accompagnés par des symboles auxiliaires. Ainsi Jésus se pare de la croix, le Saint Esprit s’élance dans les rais du soleil, quant à Dieu il se contente d’un globe figurant le cosmos (la terre ?). Va savoir si le partage fut équitable … ! Il faut approfondir ça.

Et maintenant nous sommes en mesure de suivre l’essor et l’aboutissement de ce tsunami émotionnel et informatique qui démarre dans la première section où le César fit un boulot du tonnerre aussi bien par le geste que par le logos. Voilà une des trois prières du César qui n’a raté aucun côté, celle-ci est à l’Est. Pas de mal à ca, mais quand même toujours en latin, ce n’est pas très gentil de s’adresser ainsi à deux dieux d’origine juive flagrante … On ne peut pas parler l’hébreu comme tout le monde ?

Passons, le flux se propage dans la seconde section comme un fleuve qui se répand dans un réseau de rivelets, ruisseaux, torrents et bras. Le message, prières et visions, repris par les anges majestueux et le menu fretin, sont canalisés, éventuellement amplifiés et finalement propulsés vers l’échelon supérieur, là où siège le conseil d’administration, les maîtres d’œuvre, à la fois trois et un. Avec splendeur et bienveillance la supplique sera exaucée. Le tout a eu lieu dans un temps indivisible, continu, comme dans le dreamtime des aborigènes australiens où il n’y a pas d’avant, de maintenant et d’après. La peste était là tout à l’heure, la peste est vaincue, les fautifs punis, on a demandé de l’aide, on a reçu de l’aide, les Turcs et la terreur islamique (encore !) font rage, ils viennent d’être rossés d’importance, on revoit les moments-clefs de l’histoire de l’humanité, il y a un baptême et un concert, et quel concert, bref on est en train d’exprimer la gratitude par une séquence où l’historicité et le rituel se mélangent et se confondent. Voilà comment le plus formidable tour de force publicitaire a cimenté dans un tout indestructible et quasi permanent, au point où vont les choses, la foi, l’empire, l’histoire et l’empereur. Il ne faut pas prendre à la lettre mon ton légèrement impie car à côté ou de conserve avec la fantastique manipulation a lieu un acte de foi impressionnant, une véritable épiphanie (les églises font toujours le plein à Vienne quoiqu’on rencontre des fois des paroissiens assez bizarres)

Le temps est venu de regarder un peu dans les coulisses. Le projet a pris quelque 17 ans de travail. Au commencement et pour une courte période le monument fut construit en bois. Quand on eut réalisé l’importance de son placement en plein air et au centre de la ville, Leopold I prit la décision de refaire cet énorme ex voto en matériaux moins périssables. La colonne centrale est en brique. Elle fut enveloppée de pièces de marbre d’origine et de qualité différentes, d’abord lisses pour la plinthe et ensuite richement sculptées. Tous les grands modes de la taille furent employés: l’arrondissement des blocs, les bas-reliefs, les hauts reliefs héroïques et les figures en ronde-bosse. Le sommet de la Trinité en cuivre doré est un tour de force per se car au delà des deux figures majeures bien calées dans les nuages, des angelots dodus flottent sur les bords tellement gentiment qu’ils paraissent annihiler la loi de la pesanteur. Dire qu’ils préfigurent et même annoncent la promenade dans l’espace des cosmonautes ? Oui je le dis!

La matière se délivre du poids et se charge d’esprit ! Notons que certaines surfaces furent peintes afin d’augmenter la visibilité des inscriptions dorées taillées en pierre. C’est le commencement de l’OpArt ! Une formidable équipe d’artistes contribua à la réalisation de cette œuvre unique et novatrice. Mathias Rauchmuller tira les plans, commença le projet, réussit à sculpter quelques anges et passa l’arme à gauche. Il fut remplacé derechef en 1687 par le grand du baroque autrichien, Johann Fischer von Erlach, qui choisit une approche plus moderne basée sur la section triangulaire de la colonne et l’apothéose de la Trinité. La pyramide de nuages qui confère à l’œuvre son caractère unique, dramatique et dynamique à la fois, fut la contribution de l’ingénieur de théâtre Ludovico Burnacini, tandis que le sculpteur Paul Strudel laissa une marque indélébile sur l’ensemble avec ces deux hauts-reliefs, la prière de l’empereur (l’homme au menton) et le triomphe sur la peste et avec le model en bois de la Trinité. Oufff !

Je suis exténué. Il y a encore des conclusions à tirer. La première peut-être est de souligner l’homogénéité remarquable de l’œuvre malgré le nombre de maîtres et d’exécutants engagés. Est-elle le résultat d’une coopération réelle ou d’explications violentes à coups de ciseaux à travers des intrigues incessantes, on n’en sait fichtre rien.

Il faut se rappeler qu’à travers la longue période d’édification le plan de l’ensemble fut continuellement modifié. Dans plus d’un sens l’œuvre est « moderne » qu’il s’agisse de la pluralité des contributions, son caractère d’assemblage, sa théâtralité et son détachement de la réalité environnante. Que Dieu me pardonne mais j’ai l’impression que Michelangelo aurait fait une crise de nerfs plus aiguë que dans la Sixtine de voir cette colonne qui réunit tout ce qu’il haïssait dans l’art, en particulier le caractère narratif voire l’historicité de l’œuvre et a sa manière qui se veut plus picturale que sculpturale.

En tant que monument politique, la Pestsäule est un chef d’œuvre réunissant en un réseau, à la fois solide et vibrant, des symboles et des structures en portant au pinacle, c’est le cas de le dire, le lien indissoluble entre le pouvoir et la foi. Mais c’est aussi une prouesse esthétique de haute volée. Qu’on le compare un instant, sans faire le dégoûté, avec un autre monument de rédemption, un autre ex voto se trouvant à Vienne, celui du soldat russe ayant délivré les nazis locaux d’eux-mêmes. Pauvre superman à bottes difformes, il se meurt d’ennui à Schwarzenbergplatz. Si on avait besoin d’une preuve supplémentaire qu’une monarchie pré-constitutionnelle est de loin supérieure au communisme triomphant et misérable, eh bien, nous l’avons.

La Pestsäule, cette impressionnante œuvre d’art fit immédiatement des émules. Bientôt plusieurs villes de l’empire eurent leur propre colonne car les raisons de demander l‘intervention divine, hélas, ne manquaient pas. Une, Most, une bourgade de la Boheme se permit l’insolence de finir la sienne 12 années auparavant ! D’ailleurs la race humaine à travers l’histoire eut toujours eu un faible pour les monuments phalliques a orientation rituelle qu’on trouve même chez les êtres démunis de tout (d’autant plus chez eux !) comme les Asmat de la Nouvelle Guinée, les créateurs de cette énorme bispole (circa 4m !).

Il est de mon devoir de mentionner que le motif du nuage dodu et flottant, tellement dominant dans la colonne, est très répandu dans les églises baroques autrichiennes. Il est souvent confectionné en plâtre de Paris, couleur naturelle ou dorée ou même rose, et profusément représenté en peinture. Les peintres italiens itinérants, les illusionnistes qui excellèrent dans la peinture des fresques de coupole, furent à l’origine de la prolifération souvent excessive de ces enflures célestes. Leurs peintures énormes et dramatiques d’un ciel peuplé de démiurges ou tous simplement de dieux à part entière, de saints, d’anges, de pécheurs, de diables, de soldats, de courtisanes, de savants et de diseuses de bonne aventure baignaient dans une lumière diaphane et des nuages vaporeux. Elles, ces fresques, annihilaient pratiquement le mur ou pire, le plafond. Elles offraient une image virtuelle qui, à force de poésie et de grâce, se posait en alternative convaincante de la réalité. Bref, on était mieux là qu’ailleurs ! Et quelquefois ces mêmes illusionnistes

se muaient en sculpteurs et s’adonnaient à cœur joie à la manufacture de tableaux tridimensionnels dégorgeant de bonne humeur et d’humour, comme celui de la Peterkirche se trouvant à quelques mètres de la Pestsäule. La ville pleure et les anges s’amusent, c’est toujours comme ça !

Le filet qui protège le monument des déjections intempestives des pigeons malveillants entame quelque peu de l’aura de l’œuvre ? La visibilité ? Peut-être, mais pas pour Rihanna, car pour elle, tout au contraire, le filet est au poil ! Mais enfin, le contexte est ici différent. Ainsi, j’ai proposé au maire que, chaque jour, une petite grue placée sur un des toits environnants soulève le filet pour une heure. Ce moment de strip-tease culturel devait offrir une grande satisfaction aux véritables amateurs d’art. J’espère que tout le monde me suit !

It is time to say good bye après ce petit hommage aux formes sculpturales, mais pas avant de faire un aveu … Je déteste les colonnes et les fresques des coupoles … On ne voit rien, on a mal à la nuque, les binocles ne valent que dalle, les mains ont la bougeotte, on a des crampes dans les mollets et même un vertige maison, etc … A quoi bon se fatiguer ainsi ? Il vaut mieux regarder des photos, une par une, pour comprendre quelque chose et s’amuser derechef car, comme la sagesse populaire l’a maintes fois répété, là où il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir ….

*Il faut souligner que quoique meurtrière la peste eut en Europe quelques suites favorables. D’abord elle renforça d’une façon considérable la résistance des survivants et surtout de leur descendance, fait qu’explique l’augmentation vertigineuse de la moyenne d’âge chez les femmes quoique les hommes les suivent allégrement d’assez près. Aussi, conduit-elle, je cite de mémoire, à la création d’œuvres remarquables en littérature, comme le Decameron, les Contes de Canterburry et même l’homonyme – La Peste – et en musique, au fameux Totentanz au nom tellement approprié! Je n’ai aucune difficulté à imaginer que cet inestimable héritage culturel accompagnera la civilisation occidentale jusqu’à sa fin en vue !

 

THE PLAGUE COLUMN

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